Le consulat du Puy-en-Velay.

Vœu des consuls à la Vierge noire - Jean François - XVIIe siècle.
Vœu des consuls à la Vierge noire – Jean François – XVIIe siècle.

Alors que plusieurs villes du sud de la France, à l’instar de Toulouse, furent régies par un consulat dès les premières heures du XIIe siècle, le Puy-en-Velay demeura longtemps sous la coupe de son évêque. Il y eut pourtant une révolte des habitants au premier quart du XIIIe siècle qui leur permit d’obtenir quelques libertés de gestion administrative et fiscale. Mais quand ils s’avisèrent d’en obtenir davantage, notamment en 1276, ils perdirent ces prérogatives. En 1305, Philippe le Bel conclut avec l’évêque du moment, Jean de Cuménis, un traité de paréage qui établit une sorte de condominium pour la ville du Puy, chaque partie s’engageant à ne pas accorder de privilèges ou de franchises aux habitants de la cité sans l’accord de l’autre partie.

Mais voilà, Philippe VI, roi de France, fut bientôt à la recherche de nouveaux financements et, contre monnaie sonnante et trébuchante, accorda aux Ponots une charte consulaire. Ce qui ne manqua pas d’agacer l’évêché qui, pourtant, ne put que s’incliner. A plusieurs reprises, les évêques successifs tentèrent d’annuler ce consulat, en vain. Au contraire, au fil des siècles, les souverains français accordèrent de nouvelles libertés aux Ponots, et sans contrepartie, mettant ainsi à mal l’autorité épiscopale. Ce dont profitèrent les consuls pour commettre quelques abus de pouvoir…

Jusqu’au XVe siècle, les consuls du Puy se cooptaient parmi les cinquante bourgeois les plus riches, établissant dès lors une autorité oligarchique. Des édiles qui, notamment, répartissaient l’impôt à leur gré afin de toujours plus s’enrichir. Il fallut attendre la fin du XVe siècle pour que ces consuls fussent désignés parmi les chefs de métier qui eurent néanmoins à supporter, au siècle suivant, l’emprise toujours plus importante des officiers du roi qui assistaient désormais à l’assemblée annuelle et à la publicité des comptes municipaux.

Les guerres de Religion ne firent qu’ajouter à la confusion entre évêque, consuls et représentants de la royauté, conduisant la ville par ailleurs à la ruine financière, l’obligeant à faire appel à la générosité royale. Un roi qui sut en profiter, en ce milieu du XVIe siècle, pour instaurer une sénéchaussée royale qui, de fait, plaçait sous tutelle la cité en la soumettant notamment à son contrôle fiscal. Une subordination qui se poursuivra jusqu’à la Révolution quand furent créées les communes.

L’Histoire de l’Auvergne vous intéresse ? Lisez en ligne Les Capuchonnés du Puy-en-Velay.

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